Fictions (10)

Renversements sur les conceptions individualiste et collectiviste de la santé

Les partisans de la vaccination de bout en bout peignent les non-vaccinés comme de méchants individualistes qui tôt ou tard finiront par tomber malades, qui occuperont des lits dans les hôpitaux, qui seront soignés aux frais des contribuables, qui seront responsables de l’engorgement du système de santé, qui priveront de soins les personnes vaccinées mais plus vulnérables ou non vaccinées pour des raisons de santé qu’ils infecteront et rendront malades, sans parler de toutes les autres personnes vaccinées mais atteintes d’une autre maladie, lesquelles se verront privées de soins médicaux adéquats à cause du délestage qu’on sera obligé de faire dans les hôpitaux pour soigner les personnes malades de la COVID-19 à cause des méchants égoïstes de non-vaccinés. À cela ils opposent explicitement ou implicitement une conception de la santé collectiviste. Il faut se faire vacciner deux fois, trois fois, tous les ans ou tous les six mois ou plus souvent si c’est nécessaire. C’est ainsi qu’on cesserait d’être un danger pour ses concitoyens et un fardeau pour l’État, le système de santé et les contribuables en occupant des lits dans les hôpitaux alors que cela aurait pu être évité. Bref, l’idéal de la santé collectiviste, ce serait que les…

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Précurseurs de l’anti-complotisme

Le maître à ses esclaves « N’allez pas vous imaginer que nous, les maîtres, vous faisons travailler dans les champs et dans les mines pour notre bon plaisir et pour nous enrichir à vos dépens. Nous vous donnerions la liberté si c’était possible. Mais ce ne l’est pas. Voudriez-vous labourer la terre et descendre dans les entrailles de la terre si nous, les maîtres, ne vous y forcions pas ? Et pourtant la Cité a besoin de blé et d’or. En acceptant d’être vos maîtres, ce qui nous demande un travail infini et pénible, nous servons la Cité, nous sommes ses esclaves, comme vous. Il faut être des esclaves incultes, qui n’entendent rien à la politique et à l’économie, pour s’imaginer qu’il y a un complot des maîtres pour vous exploiter. Ne voyez-vous pas que nous faisons tout pour rendre votre labeur le moins pénible possible ? Ne voyez-vous pas que nous vous nourrissons, vous vêtons et vous logeons ? » Les croisés aux Sarrasins « Quoi que vous puissiez en penser, nous ne sommes pas venus ici pour piller des villes, contrôler le commerce maritime avec Venise et fonder nos propres royaumes. Nous sommes venus ici seulement pour libérer la Terre…

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Malheur aux vaincus !

« Dans un état de choses également fâcheux pour les deux partis, il se fit d’abord quelques propositions d’accommodement, par le moyen des gardes avancées, qui conféraient ensemble. Ensuite, sur une décision des principaux citoyens, Sulpicius, l’un des tribuns militaires de Rome, alla parlementer avec Brennus. Il fut convenu que les Romains payeraient mille livres pesant d’or, et que les ennemis, dès qu’ils les auraient reçues, sortiraient de la ville et du territoire. Les conditions étaient acceptées de part et d’autre, les serments prononcés, l’or apporté ; mais les Celtes trompèrent à la pesée : d’abord secrètement, en se servant de faux poids ; ensuite ouvertement, en faisant pencher un des bassins de la balance. Les Romains ne purent alors retenir leur indignation. Mais Brennus, comme pour ajouter à cette infidélité l’insulte et la raillerie, détache son épée, et il la met par-dessus les poids avec le baudrier. « Que signifie cela ? demanda Sulpicius. — Eh ! répondit Brennus, quelle autre chose, sinon : Malheur aux vaincus ! » Ce mot a passé depuis en proverbe. » (Plutarque, Vies des hommes illustres, Camille.) La manière dont les autorités politiques et sanitaires et la population québécoise (et aussi canadiennes et…

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La Galère et le Vent - chapitre V

CONTE FOLKLORIQUE OCCIDENTAL (Table des matières) Après leur rembarquement, les galériens constatèrent qu’à la demande du docteur Quack, plusieurs nouvelles précautions pour contrer la propagation des miasmes avaient été prises. La case de chaque galérien avait été scellée hermétiquement avec du mastic. Toutes les surfaces de la galère étaient maintenant astiquées avec du vinaigre deux fois par jour, le matin et le soir, car des études réalisées pendant l’accalmie estivale avaient montré que les miasmes imbibaient le bois, les cordages et les voiles et pouvaient y demeurer pendant quatorze jours. Des couvercles en fonte avaient été ajoutés à tous les pots de chambre pour les rendre étanches. Des ateliers de fabrication de scaphandres et de cloches de verre, ainsi que des chenils où l’on croisait des dobermans et des pitbulls aux spécimens les plus parfaits de chiens dépisteurs de nouvelle génération, avaient été aménagés dans la cale. Les galériens, quand ils se trouvaient dans les lieux ouverts – où le Vent miasmatique soufflait – et dans les lieux fermés – où les miasmes scorbutiques secondaires saturaient l’air –, devaient asperger l’intérieur des casques de scaphandre, des cloches de verre et des fioles rectales qu’ils portaient avec de l’essence de clou…

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La Galère et le Vent - chapitre IV

CONTE FOLKLORIQUE OCCIDENTAL (Table des matières) La galère entra dans un port où se trouvaient déjà soixante-cinq galères en aussi mauvais état qu’elle. Comme les premières étaient arrivées il y a deux semaines, leur équipage pouvait enfin mettre pied à terre après avoir respecté la période de quatorzaine. Les galériens de La Malsaine durent se conformer à cette importante formalité. Quand le grand jour fut enfin arrivé, cent maîtres-chiens de la garde-côte, tous vêtus d’un scaphandre, montèrent à bord avec sept cent douze chiens dépisteurs. Ceux-ci reniflèrent soigneusement les galériens et n’aboyèrent que devant un seul d’entre eux. Alors que les maîtres-chiens s’apprêtaient à ordonner une nouvelle quatorzaine pour tous les galériens, le scorbutique présumé sortit de la poche de sa veste un saucisson qui fit saliver et aboyer à l’unisson les sept cent douze chiens. Le galérien, pour ne pas être dévoré vivant, dut le leur abandonner. Une fois les chiens rassasiés et calmés, on lui fit passer le test canin une autre fois avec cinq chiens : aucun d’entre eux n’aboya. On déclara que le premier test était un faux positif. Le maître-chien en chef s’excusa pour cet incident : la meute de chiens dépisteurs était tellement nombreuse qu’il était…

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La Galère et le Vent - chapitre III

CONTE FOLKLORIQUE OCCIDENTAL (Table des matières) Le soleil printanier avait commencé à briller dans le ciel et les derniers tonneaux de harengs et de biscuits étaient entamés. Malheureusement la situation ne semblait toujours pas vouloir s’améliorer : le scorbut de type Q se répandait comme une traînée de poudre. Les galériens, qu’ils aient ou non des symptômes, devaient attendre parfois sept jours avant d’être dépistés par l’un des deux chiens, et réclamaient avec insistance l’achat d’une centaine de chiens dépisteurs et de provisions de bouche. Le capitaine, constant que les galériens désignés pour faire la manœuvre étaient trop affaiblis et ne suffisaient plus à la tâche, demanda au docteur Quack l’autorisation de doubler le nombre de galériens autorisés à monter sur le pont, à prendre place sur les bancs des rameurs et à actionner les pompes. Si on ne faisait rien, la galère allait sombrer d’ici quelques jours. Le docteur Quack affirma que, compte tenu de l’inquiétante situation épidémiologique, il ne fallait surtout pas prendre de décision irréfléchie et prématurée et mettre inconsidérément en danger la vie des galériens. Il fallait agir avec la plus extrême prudence. Selon les nuages qui se trouvaient à l’ouest, on pouvait prévoir que le…

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La Galère et le Vent - chapitre II

CONTE FOLKLORIQUE OCCIDENTAL (Table des matières) Le treizième jour du mois de mars, un vent d’ouest fit frémir la surface de la mer, qui se couvrit d’une mince couche d’écume. Toujours à l’ouest, quatre éclairs sillonnèrent le ciel. Le tonnerre gronda. Les nuages déversèrent des torrents de pluie. Une violente bourrasque faillit renverser la galère. Le capitaine et le docteur Quack, portant leurs scaphandres, surgirent de leurs cabines pour assurer la bonne marche des opérations. Comme seulement une infime partie des galériens avait été désignée pour faire la manœuvre, ils eurent toute la peine du monde à carguer les voiles et à faire tourner la galère à coups de rames pour qu’elle affrontât les énormes vagues de face. Le docteur Quack, voyant que les galériens soufflaient comme des baleines et se mettaient à plusieurs pour tirer les cordages et soulever les rames, leur ordonna de ne pas respirer de la sorte et de rester à six pieds les uns des autres. Voulaient-ils donc que les miasmes du scorbut de type Q entrent par leurs narines dilatées et leurs gueules béantes ? Voulaient-ils contaminer leurs compagnons ou être contaminés par eux ? Les galériens s’efforcèrent donc de garder leurs distances et…

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La Galère et le Vent - chapitre I

CONTE FOLKLORIQUE OCCIDENTAL (Table des matières) Au mois de mars de l’an de grâce 1720, La Malsaine, une galère de quarante-quatre mats et de quatre mille quatre cent quatre rames, voguait dans l’Atlantique-Nord. Bien que sa majesté passée fût encore perceptible pour l’observateur avisé, elle faisait bien piètre figure. Sa coque était vermoulue, ses voiles étaient déchirées, ses rames étaient pourries, ses rameurs étaient vieillissants et même éclopés. Le capitaine, par avarice, avait refusé de faire calfater son navire avant de lever l’ancre. Six cent soixante-treize marins devaient actionner les pompes jour et nuit pour le garder à flot. Près des côtes de l’Islande, la galère avait essuyé les attaques acharnées d’une flottille de corsaires d’Alger. Non loin du Groenland, elle avait failli être coulée par un submersible moscovite. Elle portait encore les traces de ces rudes combats : son château arrière avait été incendié, ses cordages avaient été sectionnés, son gouvernail avait été fracturé et sa boussole avait été fracassée. Si bien que le pilote naviguait à vue, et que le capitaine lui-même avait perdu le nord. Un beau soir, peu après le coucher du soleil, des feux de Saint-Elme apparurent au bout des quarante-quatre mats. C’était incontestablement un mauvais…

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Apprendre à vivre avec le Virus ou arrêter de vivre à cause de lui

Vivre avec le Virus Depuis que l’état d’urgence sanitaire a été déclaré, on nous répète qu’il faut apprendre à vivre avec le Virus. Et pourtant, c’est tout le contraire qu’on nous demande de faire en réalité : il nous faut arrêter de vivre à cause du Virus, et toute proposition de commencer enfin à vivre avec lui semble irréaliste, immorale, scandaleuse et folle. Remémorons-nous tout ce que nous pouvions faire librement avant la déclaration de l’état d’urgence sanitaire, et qui faisait partie de notre vie quotidienne. Considérons maintenant tout ce qu’il nous est interdit de faire, tout ce qu’il ne nous est pas recommandé de faire, et tout ce que nous pouvons faire seulement à condition de nous plier à une nouvelle réglementation omniprésente, tatillonne et susceptible de changer au gré des vents. Et ça serait ça, vivre avec le Virus ? On se moque certainement de nous ! C’est là travestir le sens des mots. C’est leur faire dire le contraire de ce qu’ils signifient. Qu’est-ce que cela veut normalement dire, apprendre à vivre avec quelque chose ? Tout le contraire de ce que l’on prétend pour le Virus ! Qu’on me permette quelques comparaisons martiales, puisque nos autorités et nos journalistes ont déjà…

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Discours parlementaires sur la grippe ovine

Un lecteur m’a envoyé ces discours parlementaires qui, même s’ils ne concernent pas la crise sanitaire actuelle, abordent à partir de points de vue inhabituels les problèmes auxquels nous sommes confrontés. J’ai bien eu quelques doutes quant à l’authenticité desdits discours. Mais les références données par ce lecteur m’ont permis de faire mes propres recherches et de conclure que, de toute évidence, ces discours sont authentiques. Discours parlementaires sur la grippe ovine

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