Présentation

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le confinement n’est pas seulement physique, mais il est aussi intellectuel, sentimental et moral. C’est pourquoi il importe non seulement, par ces exercices, de réussir à éviter le confinement physique, mais aussi de nous déconfiner en ce qui concerne nos idées, nos opinions, nos croyances, nos sentiments, nos valeurs et notre morale. Car les prisons qui ont pour murs et pour cachots tout ce qui nous constitue sont beaucoup plus efficaces que les prisons qui enferment seulement notre corps. Elles ne sont pas seulement autour de nous, mais aussi en nous ; et souvent nous ne les remarquons même pas. Nous nous croyons libres, alors qu’en fait nous sommes captifs. Et pour cette raison, nous sommes tout disposés à accepter l’emprisonnement physique.

Il est vrai que nous ne sommes pas, pour la plupart, des médecins, des microbiologistes, des infectiologues, des virologues, des épidémiologistes ou des experts en santé publique. Alors de quel droit nous exprimons-nous sur des questions auxquelles nous ne pourrions absolument rien comprendre ? De quel droit y réfléchissons-nous même, au lieu de nous en remettre tout simplement à l’avis des experts ? Parce que la crise sanitaire n’est pas seulement une affaire de médecine, de microbiologie, d'infectiologie, de virologie, d’épidémiologie et de santé publique. Parce que nous ne sommes pas complètement décérébrés et dénués de bon sens, malgré l’incessant battage médiatique. Parce que nous sommes les plus aptes à juger des effets de l’état d’urgence sanitaire sur nos vies, ce qui de toute évidence échappe à la prétendue science des experts patentés, qui ne s’en soucient guère. Parce que nous ne pouvons pas être à la fois des sujets qui obéissent aveuglément aux consignes des autorités sanitaires, et des citoyens qui ont le droit et le devoir de participer à la délibération politique. Parce que ce dont il s’agit ici, c’est de penser à partir de notre expérience de l’état d’urgence sanitaire. Les autorités sanitaires et les experts patentés, imbus de leur soi-disant science, auraient-ils la prétention de nous apprendre comment nous devrions, individuellement et collectivement, vivre l’état d’urgence sanitaire ? Alors il faut leur répondre qu’ils n’ont aucune expertise en la matière, qu’ils outre-passent l’autorité que nous sommes prêts à leur reconnaître, et qu’ils devraient se tenir cois en ces matières, comme ils l’exigent de nous en ce qui concerne leur science. Autrement dit, qu’ils se confinent dans leur science, et qu’ils n’abusent pas de l’autorité qu’elle leur confère ! Car nous ne tolérerons pas une telle usurpation !

Ce billet a été mis à jour le 2021/06/03