Une hypothèse sur la pénurie de travailleurs et l’immigration

Revenons quelques années en arrière, alors que nous étions confinés sous prétexte de guerre contre le virus et ses variants. La situation était particulièrement pénible pour les locataires, qui devaient se contenter tout au plus de quelques pièces, seuls, avec leur conjoint et peut-être leurs enfants, ou avec leurs colocataires. Ce n’est pas pour rien que la demande pour les maisons a augmenté fortement, car ceux qui en avaient les moyens se sont mis à rêver de plus d’espace pour s’isoler, et aussi d’une petite cour ou d’un jardin, pour pouvoir faire leurs affaires, se détendre et prendre un peu d’air sans être menacés par le virus, sans risquer d’infecter quelqu’un d’autre ou sans devoir se plier aux nombreuses mesures sanitaires, sujettes à changer du jour au lendemain, pour tenir compte de l’évolution de la situation épidémiologique, ou parce que tel était le bon plaisir des autorités politiques, bureaucratiques et sanitaires. Les banquiers ont assurément su profiter de l’occasion. Le prix des maisons était fortement à la hausse, les acheteurs ne manquaient pas, ceux-ci avaient besoin d’un prêt hypothécaire, les taux d’intérêt étaient bas à cause que l’activité économique était entravée par les confinements, mais ils allaient remonter bien assez vite en raison de l’inflation qui allait résulter de tout l’argent injecté dans l’économie par nos gouvernements pour aider les individus et les entreprises et contre laquelle il allait falloir lutter, surtout par des hausses du taux directeur. Vraiment, les banquiers – dont le travail est de faire de l’argent en nous prêtant de l’argent dont ils n’ont qu’une petite partie – comprenaient très bien la situation, et ils devaient s’en frotter les mains. L’occasion était trop belle : il suffisait de prêter aux acheteurs de maisons de l’argent qu’on créait en grande partie pour l’occasion, pour les tenir à la gorge et les saigner à blanc, quand il leur faudra renégocier leur hypothèque ou plus rapidement si on leur a accordé un prêt hypothécaire à taux variable ou une marge de crédit hypothécaire. À la place des banquiers, n’aurions-nous pas fait la même chose ?

Croire les banquiers capables de s’adonner à des calculs sordides comme ceux-là, ce n’est certainement pas imaginer des machinations délirantes. Ce qui serait étonnant, ce serait que les banquiers ne fassent pas de tels calculs, alors que c’est dans leur nature et dans leur intérêt de les faire. En effet, ne sont-ils pas des usuriers que nous n’appelons pas par leur nom parce qu’ils spéculent aussi avec l’argent que nous déposons et plaçons dans leurs institutions financières ? Il est clair que les banquiers ne sont pas nos amis et que nous sommes, pour eux, de vulgaires vaches à lait qu’il leur faut traire le plus possible, idéalement sans provoquer des faillites, qui les priveraient des revenus fixes qu’autrement ils auraient pendant des années ou, plus souvent, pendant des décennies. Il nous suffit de penser à l’argent qu’il nous faut leur payer et que nous ne pouvons pas simplement créer pour enrager et, si nous étions croyants, pour les vouer à l’enfer ou à tous les diables.

Nous sommes moins disposés à voir, dans la promotion de l’immigration excessive dans les pays occidentaux pour contrecarrer la pénurie de main-d’œuvre, un calcul sordide du patronat, qui a aussi des organisations pour défendre ses intérêts, au détriment des nôtres. Ne se pourrait-il pas que le patronat, dont l’activité consiste à employer ou à exploiter les travailleurs pour s’enrichir, en soit venu à se dire que, plus on fait venir ou importe des travailleurs de l’étranger, plus l’offre est forte comparativement à la demande pour ces marchandises (les travailleurs), si bien qu’on peut diminuer les salaires ou ne pas les indexer en fonction de l’augmentation du coût de la vie et faire comprendre aux employés mécontents qu’il y a plusieurs chômeurs qui ne demanderaient pas mieux que de prendre leur place ?

II me vient à l’esprit deux raisons pour lesquelles on refuse d’envisager la possibilité de ces manigances. L’une est intellectuelle : il y aurait une pénurie de main-d’œuvre. L’autre est morale : il faudrait nécessairement être xénophobe, ou pire encore, pour être contre l’immigration.

Interrogeons-nous d’abord sur la pénurie de main-d’œuvre et sur ses origines. Il n’y a même pas dix ans (ou peut-être moins encore), on nous disait tout autre chose : il y avait trop de travailleurs pour les emplois disponibles, et on nous faisait une faveur en nous accordant un emploi, même minable, surtout quand nous étions surqualifiés et surdiplômés. Environ à partir de 2017 ou de 2018 (je ne suis pas certain du moment exact), le discours s’est mis à changer : le patronat a commencé à se plaindre du manque de travailleurs, qualifiés et non qualifiés. Que s’est-il donc passé, en l’espace de quelques années, pour qu’on dise d’abord une chose et ensuite son contraire ?

Pour expliquer ce brusque changement, on nous dit assez souvent que les « boomers » les plus jeunes sont devenus en masse des retraités au cours des dernières années, alors que leurs enfants et leurs petits enfants ne seraient pas assez nombreux pour occuper les postes maintenant libres en raison des départs à la retraite. C’est pourquoi il nous faudrait combler ce déficit en accueillant des immigrants par dizaines de milliers, par centaines de milliers ou par millions pour les pays ou regroupements de pays les plus grands. Mettons. D’un autre côté, on nous dit depuis des décennies que l’utilisation de nouvelles technologies, l’amélioration continue des processus dans les milieux de travail et la surveillance accrue des travailleurs devraient avoir pour effet une hausse de la productivité. Étant donné tous les efforts et tout l’argent investis ou engloutis dans ces innovations, la hausse de productivité qui devrait en résulter ne devrait-elle pas compenser en grande partie ou complètement pour les départs à la retraite des derniers « boomers » ? Si ce n’est pas le cas, devons-nous en comprendre que ces innovations sont en fait un gaspillage de travail et de travailleurs, qu’on emploie de manière improductive, ce qui provoque ou aggrave le manque de travailleurs ? Ou bien se peut-il que ces innovations, pour donner les résultats escomptés et produire une forte hausse de productivité, exigent d’importants investissements en travail et en travailleurs, pendant des années ou des décennies.

Dans le premier cas, la pénurie de main-d’œuvre est générée, au moins en partie, par l’usage des forces productives à des tâches improductives et même nuisibles ; et c’est pour remédier aux effets de ce gaspillage de travailleurs qu’il faudrait importer massivement des travailleurs de l’étranger.

Dans le deuxième cas, la pénurie de main-d’œuvre s’explique parce que de grands chantiers – par exemple la transformation numérique – ont besoin de travailleurs supplémentaires pour être menés à terme et produire une importante hausse de productivité quand ils seront menés à terme.

Dans les deux cas, la pénurie de main-d’œuvre et le besoin de travailleurs étrangers ne sauraient durer indéfiniment. Soit qu’il devienne évident qu’on gaspille le travail et les travailleurs et qu’il n’en résultera rien ou presque, soit que ces grands chantiers – dont la transformation numérique – finissent par accroître considérablement la productivité, on en arrivera à un point où le patronat n’aura plus besoin de tous ces travailleurs importés et indigènes, leur fera sentir ou leur dira franchement que la demande pour cette marchandise est significativement plus faible que l’offre, et qu’en raison de la nouvelle conjoncture économique, ils devront consentir à une importante dégradation de leurs conditions de travail et d’existence.

Je ne vois pas pourquoi les patrons, qui jouent avec l’offre et la demande des services et les marchandises dont ils font le commerce afin de s’enrichir davantage et de se mettre en position de force, ne spéculeraient pas aussi sur les services qu’offrent les travailleurs et sur les marchandises qu’ils sont, en usant de leur pouvoir et de leur influence pour inonder le marché du travail de travailleurs étrangers dont on feint d’avoir besoin ou dont on a besoin temporairement, sous prétexte de pénurie, afin de créer plus tard une situation où la main-d’œuvre serait tellement surabondante et dévaluée, qu’elle pourrait être traitée selon le bon plaisir de ces patrons, qui proposeraient aux travailleurs les rares emplois comme quelque chose de précieux et menaceraient de les leur retirer, pour un oui ou pour un non.

Il n’y a donc rien d’invraisemblable dans ce comportement des patrons. C’est donc pour une autre raison que nous refusons de l’envisager et encore plus d’agir en conséquence. Cette raison, que j’ai évoquée plus haut, est d’ordre moral : c’est qu’il est très mal vu d’adopter une position critique vis-à-vis de l’immigration, quelles que soient les raisons de cette prise de position, puisque cette dernière devrait, pour beaucoup, nécessairement s’expliquer par la xénophobie, le racisme et d’autres formes d’intolérance plus ou moins radicales ou violentes. Nous avons donc affaire à une sorte de tabou qui, si mon hypothèse est fondée, peut servir les intérêts du patronat et être pris en compte dans leurs calculs et leurs spéculations sordides, notamment grâce à une forme de chantage moral assez répandue. Si nous ne voulons pas devenir l’objet de l’indignation, réfléchie ou hypocrite, de tous ceux qui voient dans la critique de l’immigration un signe indubitable de méchanceté incurable, et ne pas nous exposer à des sanctions disciplinaires et à certaines formes d’excommunication, et ne pas courir le risque d’être la cible des calomnies et parfois des actes violents de groupes fanatisés, nous devrions nous taire.

Afin de donner le moins possible prise à ces attaques perfides, qui empêchent la réflexion et la discussion sur des effets possibles de l’immigration dans le contexte actuel, j’affirme que ces effets sont susceptibles d’être nuisibles pour les travailleurs étrangers d’importation récente ou moins récente que pour les travailleurs d’origine locale ou indigènes. Car les patrons ne sont pas plus les amis de ces travailleurs étrangers qu’ils sont ceux des travailleurs d’origine occidentale. Il suffit de voir la manière dont les grands patrons occidentaux les exploitent à la suite du déplacement d’une grande partie de la production des entreprises multinationales occidentales dans des pays où il est possible de les traiter comme des moins que rien, en leur donnant des salaires de misère, en leur imposant des conditions de travail dignes de bêtes de sommes et en réprimant violemment les tentatives de résistance, quand il y en a. Il serait fort étonnant que les grands patrons et, derrière eux, les grands actionnaires qui profitent ainsi de la mondialisation de l’économie, aient des motifs humanitaires en soutenant les politiques d’immigration massive actuelles, et qu’ils aient pour but la prospérité des sociétés dans lesquelles nous vivons, et pas leur propre enrichissement, ainsi que l’appauvrissement et l’asservissement des masses laborieuses des pays occidentaux, auxquelles appartiennent les travailleurs d’origine occidentale et les travailleurs d’origine étrangère.

Essayons de nous mettre dans la peau des travailleurs immigrants nouvellement arrivés, surtout quand leur langue n’est pas celle de leur pays d’accueil et quand il y a d’importantes différences culturelles, religieuses ou non – ce que je peux faire avec une certaine aisance, puisque, depuis quinze ans, j’ai pour collègues de travail des immigrants récemment arrivés au Québec, surtout des Colombiens.

Souvent, les immigrants quittent un pays où ils seraient restés s’ils avaient pu y vivre décemment, si la criminalité y était moins grande, si le gouvernement était moins autoritaire, si la situation politique ou économique y était plus stable, si les opposants n’y étaient pas persécutés ou s’il n’y avait pas de guerre civile. Ce n’est pas une petite affaire, pour eux, de laisser derrière toute leur famille et tous leurs amis, ou une partie importante de leur famille et de leurs amis, et de s’établir dans un nouveau pays où les mœurs diffèrent et leur conviennent moins ou beaucoup moins que les mœurs de leur pays d’origine. Malgré tout ce qui va mal dans leur pays d’origine, malgré la situation particulière qui les a poussés à immigrer dans un pays occidental, ils continuent d’aimer leur pays d’origine et, à bien des égards, ils continuent de préférer leur pays d’origine à leur pays d’accueil, comme le montre le fait qu’ils y retournent souvent durant leurs vacances, du moins s’ils ne risquent pas de s’attirer ainsi de graves ennuis. Et nous ferions probablement la même chose, si c’étaient nous qui étions immigrants dans un autre pays. Nous nous trompons donc si nous pensons que les immigrants sont simplement contents de pouvoir vivre dans le pays où nous sommes nés, et qu’ils ne regrettent pas ou ne s’ennuient pas de leur pays d’origine. Croire le contraire, c’est entretenir de grandes illusions sur la supériorité des sociétés et des mœurs occidentales. Par conséquent, c’est vraiment leur faire un sale coup d’idéaliser la situation dans nos pays et de leur faire de belles promesses d’ordre économique qui souvent ne se réalisent pas, comme cela arrive à des immigrants qualifiés qui détiennent pourtant un ou plusieurs diplômes universitaires, et qui se retrouvent à occuper pendant des années des emplois précaires, mal rémunérés, répétitifs et abrutissants, soit qu’ils ne parlent et n’écrivent pas assez bien la langue du pays d’accueil, soit qu’il est difficile d’obtenir les accréditations nécessaires pour l’exercice de leurs professions, soit que la demande est faible pour ces professions comparativement à l’offre. C’est leur faire un coup encore pire de les maintenir dans cette situation en faisant arriver tous les ans de nouveaux contingents d’immigrants avec lesquels ils entrent en concurrence sur le marché du travail, ce qui les empêche d’établir un rapport de force avec les patrons qui les exploitent dans le cadre de ces emplois minables et ce qui empêche de rééquilibrer l’offre et la demande pour leurs professions. Et ce serait une belle saloperie si les grands patrons usaient de leur influence pour faire importer en masse des travailleurs étrangers, sous prétexte de remédier à une pénurie de main-d’œuvre temporaire, produite ou aggravée artificiellement, et pour pouvoir ensuite profiter d’une surabondance de travailleurs pour des emplois trop peu nombreux, notamment à cause de la numérisation de la société et de l’implantation généralisée de l’intelligence artificielle, dont on nous annonce déjà qu’elles rendront de nombreux emplois superflus et de nombreuses professions obsolètes. Étant donné le rapport de force tout à l’avantage des patrons qui s’établirait, les travailleurs immigrants et leurs enfants, au même titre que les travailleurs d’origine occidentale, seraient encore plus exploités et asservis. Ce serait, à peu de chose près, la gueuserie généralisée.

Les politiques d’immigration et les politiques identitaires en vigueur dans beaucoup de pays occidentaux ont déjà miné la capacité des travailleurs à s’unir et à résister à l’exploitation par les grands patrons et à la dégradation généralisée de leurs conditions d’existence. Et il est craindre que ça s’aggrave au fur et à mesure que des communautés d’immigrants et d’enfants d’immigrants assez nombreuses se constituent et se multiplient, puisque les membres de ces communautés seront de plus en plus portés à vivre entre eux, c’est-à-dire en étant assez isolés de la population d’origine occidentale et aussi des autres communautés issues de l’immigration. Par exemple, mes collègues colombiens, qui constituent une minorité importante dans mon milieu de travail, sont presque toujours entre eux au travail et, d’après ce que j’en sais, aussi en dehors du travail, parce qu’ils sont souvent mariés ou en couple avec d’autres Colombiens (parfois d’autres hispanophones) et que presque tous leurs amis et toutes leurs fréquentations sont des Colombiens (parfois d’autres hispanophones). Si bien qu’il leur arrive d’avoir une connaissance assez rudimentaire du français même plusieurs années après leur arrivée au Québec, et ne pas avoir besoin ou envie d’améliorer leur connaissance du français, puisqu’ils peuvent vivre la plupart du temps entre eux et parler espagnol, étant assez nombreux dans la ville où j’habite. Il en résulte que nous avons du mal à nous comprendre, pas seulement à cause de la langue, mais aussi à cause des différences de mœurs et de valeurs qui, souvent, ne sont comprises ou senties que confusément. Les politiques identitaires, qui prônent pourtant l’ouverture, ne parviennent pas à renverser ce cloisonnement communautaire. Comment le pourraient-elles, puisqu’elles accordent une telle importance aux traits partagés au sein de chaque communauté issue de l’immigration, que ce seraient ces traits qui constitueraient vraiment ce que sont les membres de ladite communauté, c’est-à-dire leur identité ? Et c’est encore pire quand on va jusqu’à sacraliser et renforcer des identités raciales et religieuses héréditaires, et à prétendre qu’elles sont constamment menacées par le racisme systémique et qu’elles sont exposées à de constantes attaques du colonialisme et du suprématisme blancs, même et surtout quand les Blancs disent ne pas s’en apercevoir et nieraient cette réalité indiscutable.

Dans ce contexte, il faut être bien naïf pour croire que tous les travailleurs d’origine différente sauront s’unir facilement contre les patrons pour résister à la dégradation accélérée de leurs conditions d’existence, et qu’on ne réussira pas à affaiblir cette résistance en les divisant et en retournant les communautés culturelles les unes contre les autres. Au lieu de diriger leur colère contre les grands patrons qui les exploitent sans vergogne, plusieurs travailleurs immigrants ou provenant d’une famille d’immigrants seront incités à expliquer leurs attentes déçues simplement ou avant tout par le racisme systémique qui sévirait dans la société d’accueil, indépendamment du fait que les travailleurs d’origine occidentale galèrent de plus en plus eux aussi. Quant à ces derniers, ils seront parfois portés à tenir les travailleurs immigrants responsables de la situation, en les accusant de voler les emplois qui devraient leur revenir, alors qu’ils se sont fait eux aussi rouler dans la farine et qu’ils se font eux aussi exploiter par les grands patrons. Les accusations qu’on s’adressera de part et d’autres risquent de devenir de plus en plus fréquentes et violentes, du seul fait de les formuler et aussi à cause de l’appauvrissement ; et elles renforceront le manque d’unité des travailleurs de plus en plus exploités et asservis, lesquels se considéreront comme des adversaires ou des ennemis, alors que les ennemis, ce sont les grands patrons.


Je conclus ce billet en faisant deux brèves remarques.

D’abord, l’appauvrissement et la situation précaire des travailleurs qui pourraient résulter de ces machinations sordides des patrons et de leurs valets politiques et bureaucratiques servent les intérêts des banquiers. En effet, les travailleurs auraient plus souvent besoin de s’endetter pour joindre les deux bouts, et ils seraient encore plus dans la dépendance des banquiers. Voilà qui devrait nous inciter à nous poser des questions, à nous méfier et à résister.

Ensuite, même si les patrons, les banquiers, et aussi les politiciens et les bureaucrates qui servent leurs intérêts, ne s’adonnaient pas à de telles machinations, les effets des politiques actuelles d’immigration pourraient être les mêmes, car l’enchaînement des causes et des effets ne dépend pas de ces machinations et peut très bien se produire sans elles. Il est donc important de résister, même si nous ne croyons pas en l’existence de ces machinations, et ne voyons en elles qu’une fiction. Nous aurions grand tort de prendre pour acquises, simplement parce que nous vivons dans des pays occidentaux, les conditions d’existence auxquelles nous sommes habitués.