Sabotage de notre santé

On nous annonce que la troisième « vague » frappera de plein fouet les « jeunes », à savoir ceux qui sont plus jeunes que les vieux. Notons que les médias anglophones parlent souvent de « middle-aged adults », c’est-à-dire de personnes qui ont environ entre 40 et 60 ans. On gagnerait certainement à faire preuve de plus de précision ou, si cela s’avère impossible pour l’instant, de faire preuve de plus de prudence quand on fait de déclarations publiques et quand on prétend « informer » la population.

Mais qu’il s’agisse de jeunes adultes et de personnes d’âge moyen, ces personnes ont été épargnées par le Virus jusqu’à maintenant, et ce serait une nouveauté que les méchants variants concentrent maintenant leurs efforts sur les personnes plus jeunes, lesquelles ne perdraient rien pour attendre si on en croit les autorités politiques et sanitaires, les experts autorisés, les médecins et les journalistes.

Je ne reviens pas ici sur la manière dont on fait ses affirmations, ayant déjà consacré à cette question un billet. Je fais comme si ces affirmations étaient fondées, c’est-à-dire comme si les personnes qui auront de graves complications ou qui mourront à cause du Virus seront significativement plus jeunes que pendant les deux « vagues » précédentes.

Ce qui frappe dans les « informations » qu’on communique à la population, c’est qu’on prétend déjà savoir – avant d’avoir pu observer sérieusement le phénomène et de faire une étude sérieuse – quelles sont les causes de ce changement de profil chez les malades et les morts. Voilà les principales causes invoquées :

  • Les nouveaux variants étant plus contagieux que la souche originale du Virus, le nombre de « jeunes » infectés augmentera, ce qui implique aussi une augmentation du nombre de complications sérieuses et de décès, toutes proportions gardées quant à la fréquence.

  • Les nouveaux variants sont peut-être plus virulents, de manière générale ou pour les « jeunes » en particulier, jusqu’alors épargnés.

  • Les « jeunes » se croient invulnérables, ont un cercle social plus grand et respectent moins les mesures sanitaires et la distanciation sociale.

  • Les « jeunes » ne sont pas encore « vaccinés ».

Autrement dit, on continue à nous chanter le même refrain que depuis un an, mais avec plus d’insistance, à savoir que le Virus est affreusement contagieux, que même les jeunes ne sont pas à l’abri, que ces derniers se montrent trop souvent négligents et insouciants, et que le salut doit nécessairement venir des « vaccins ». Rien de nouveau sous le soleil, même si on appuie lourdement sur la nouveauté de la nouvelle « vague » due aux nouveaux variants du nouveau Virus. Car on n’en continue pas moins de penser en restant dans les mêmes ornières, à supposer qu’on pense même et qu’on ne répète pas simplement le même mantra, qui est devenu une sorte de réflexe qui ne nécessite aucune activité du cerveau, et auquel la moelle épinière suffit amplement.

Advenant qu’une hausse notable des hospitalisations et des décès soit observée chez les « jeunes », il importe de nous demander s’il ne faut pas tenir compte d’autres facteurs, au lieu de tout mettre sur le dos du Virus et des « jeunes », ce qui serait fort commode pour nos autorités politiques et sanitaires, à la fois pour ne pas avoir à prendre leurs responsabilités et pour justifier la prolongation et le durcissement des mesures sanitaires, ainsi que la « vaccination » de toute la population.

Je suis moi-même d’âge moyen. Toutes les mesures sanitaires en vigueur depuis un an – et surtout depuis l’automne et l’hiver derniers – n’ont assurément pas eu un bon effet sur ma santé, même si on nous a répété et continue de nous répéter que ces mesures servent à protéger la santé de tous. J’étais déjà rondelet avant l’arrivée du Virus et je suis devenu encore plus enrobé depuis. J’ai aussi l’impression d’avoir le souffle un peu plus court et d’être plus souvent fatigué. Je fais plus souvent de l’insomnie et j’ai régulièrement des maux de tête. Puis il y a ces problèmes gastriques et intestinaux qui sont apparus, j’ignore pourquoi. Quand je me regarde dans le miroir, je constate que j’ai vraiment une sale tête : j’ai le teint livide et mes cernes se sont creusés. J’ai l’impression que mon cœur bat plus rapidement et de manière irrégulière. Et je pense que j’ai recommencé à faire de l’hypertension artérielle. Il m’arrive d’avoir de légères douleurs dans la poitrine, que je ne sais pas à quoi attribuer et qui finissent par passer. Je me dis que ce n’est pas bon : il y a plusieurs cardiaques dans ma famille. Je suis peut-être devenu à mon insu une personne à risque d’avoir des accidents cardiaques et aussi des complications si j’attrape le Virus. Mais comment le saurais-je ? Je n’ai pas de médecin et je crois que je ne suis près d’en avoir un dans le contexte actuel. Comment pourrais-je alors consulter un cardiologue ? Il est vrai que je pourrais quand même prendre un rendez-vous dans une clinique et demander qu’on me réfère à un cardiologue. Mais les listes d’attente sont généralement longues, et ça doit être encore pire présentement. Sans compter que je n’ai jamais aimé être pris en charge par le système hospitalier, et que j’en ai encore moins envie maintenant.

Rien d’étonnant à ce que ma santé se soit dégradée. Cela n’a rien d’exceptionnel. Il doit y avoir un ou deux millions de personnes d’âge moyen qui sont dans une situation analogue à la mienne. Et cela doit être pire pour les personnes qui ont une dizaine d’années de plus que moi.

Voilà des mois que je sors presque seulement de chez moi pour aller travailler ou pour faire mes courses. Mon travail est considéré comme essentiel pour l’entreprise pour laquelle je travaille. Je dois donc traverser toute la ville deux fois par jour en autobus, ce qui prend un peu plus de deux heures, aller et retour, en comptant le temps d’attente. Il est vrai qu’il y a beaucoup moins de circulation depuis l’arrivée du Virus, mais l’autobus que je prends habituellement doit s’arrêter régulièrement ou rouler lentement pour ne pas prendre de l’avance sur son horaire, qu’on ne s’est pas encore donné la peine d’adapter à la nouvelle situation. Si bien qu’en raison du couvre-feu j’ai à peine le temps d’aller faire une courte promenade après avoir soupé, surtout quand je dois d’abord faire la file pour aller au supermarché.

Quand j’étais libre de disposer de mon temps et de ma personne, je faisais de l’escrime deux soirs par semaine. Cela me redonnait de l’énergie après une journée assommante au travail et me permettait de me sortir de la tête le travail. Non seulement je ramène maintenant le travail chez moi cinq soirs par semaine, mais mes coordonnateurs deviennent aussi de plus en plus pénibles en raison des mesures sanitaires qui leur empoissonnent la vie. Mon moral en prend tout un coup. Je parviens néanmoins à me libérer l’esprit du travail en lisant et en écrivant ce blog, ce qui veut dire que je passe environ une trentaine d’heures devant mon écran d’ordinateur, en plus des quarante heures au boulot. Je n’ai jamais été aussi sédentaire.

Bref ma santé n’en est pas au même point qu’il y a un an. J’ai dû changer du tout au tout mes habitudes de vie. Et je ne suis certainement pas un cas isolé. Il y a même sans doute pire que moi.

Beaucoup de personnes qui habitent seules supportent sans doute plus mal que moi cette solitude imposée, qu’elles cherchent à atténuer en faisant quelques heures par jour de vidéoconférence avec leurs proches ou leurs amis, en plus du temps qu’elles passent à faire du télétravail. Puis elles remplissent le temps qui reste à jouer à des jeux vidéos, à utiliser les réseaux sociaux ou à regarder des films ou des séries télévisées. Poussé à ce degré, il n’y a rien de bon dans tout cela pour la santé physique, mais aussi pour la santé mentale. Certains développent des tendances dépressives, ce qui peut être à l’origine d’une augmentation de leur consommation d’alcool ou de drogues, qui en retour peut avoir des effets sur leur santé physique et mentale. Pour ceux qui ne travaillent plus du tout, et qui ont vu leur vie sociale anéantie, c’est encore plus difficile s’ils ne savent pas mettre à profit tout ce temps devenu inutilisable pour beaucoup. Leur vie est devenue vide.

Quant à ceux qui ont des enfants, en plus de ce que nous devons tous supporter, ils doivent assumer de front leurs responsabilités professionnelles et familiales. Il y a assurément de quoi s’épuiser. Le gouvernement peut décider du jour au lendemain de fermer les écoles, il n’est pas toujours possible de faire du télétravail, et ce n’est certainement pas facile d’en faire avec de jeunes enfants sur les bras. Tous les employeurs ne sont pas accommodants et certains travailleurs se mettent beaucoup de pression pour performer au travail et réaliser leur plan de carrière malgré la « pandémie ».

Puis il y a le stress de perdre ou d’avoir perdu son emploi à cause des mesures sanitaires (directement ou indirectement), de l’impossibilité pour certains de joindre les deux bouts avec le soutien du gouvernement, de l’obligation de contracter des dettes supplémentaires, et de l’inquiétude de ce qui se passera quand le gouvernement cessera de les aider et qu’ils seront des centaines de milliers ou des millions à devoir se trouver un nouvel emploi, dans un contexte de récession ou de crise économique.

Ou, pour les petits entrepreneurs, il y a le stress de se retrouver au bord de la faillite, d’être à la merci du gouvernement, de devoir fermer ses portes en catastrophe, de ne pas savoir quand on pourra les rouvrir et même d’appartenir à un secteur économique que le gouvernement semble avoir décidé de sacrifier et auxquels les experts et les journalistes s’en prennent dès qu’il y a un assouplissement des mesures sanitaires ou une hausse des cas de contamination.

Ou, pour ceux qui ne font pas aveuglément confiance à notre gouvernement et aux médias, il y a la grande inquiétude que suscitent ses manœuvres opaques et suspectes, son autoritarisme, la campagne de « vaccination » massive, le passeport « vaccinal » qu’il voudrait mettre en place, la surveillance constante qui pourrait en résulter, et la nature de la nouvelle normalité qui devrait succéder à la « pandémie ».

Ou, pour ceux qui croient ce que racontent notre gouvernement, les experts autorisés et les médias de masses, il y a la peur des nouveaux variants plus dangereux pour les jeunes et surtout les personnes d’âge moyen.

Toutes ces nouvelles conditions de vie malsaines, tout ce stress, toute cette inquiétude quant à l’avenir, toute cette peur du Virus, de la maladie et de la mort, ne sont assurément pas bonnes pour la santé, peuvent contribuer au développement ou à l’aggravation de conditions à risque, et même à affaiblissement du système immunitaire (en raison de l’angoisse, de la dépression, du manque de sommeil et de l’épuisement), sans parler de complications qui pourraient avoir pour cause l’effet nocebo (le contraire de l’effet placebo) chez des personnes anxieuses qui apprendraient qu’elles sont porteuses d’un variant dont on aurait cessé de leur répéter qu’il est particulièrement dangereux pour leur groupe d’âge.

Donc, à bien y regarder, notre gouvernement, nos experts autorisés et nos journalistes auraient pu difficilement faire mieux s’ils s’étaient passé le mot pour nous imposer des conditions de vie exécrables et un climat de peur capables de dégrader notre santé et d’affaiblir notre système immunitaire, le tout sous prétexte de protéger justement notre santé. Sans sous-estimer l’importance de l’esprit grégaire et de la bêtise de certains (il y a toujours eu et il y aura toujours des idiots utiles), on en vient à se demander s’il ne s’agit pas là d’un sabotage en règle de la santé de la population, et plus particulièrement de celle des jeunes et des adultes d’âge moyen censés être vulnérables aux nouveaux variants. Cela est d’autant plus suspect que les mêmes pratiques sont observables, à quelques différences près, presque partout en Occident.

Si cette troisième « vague » s’avérait aussi dure qu’on le prédit pour les jeunes et les adultes d’âge moyen, il ne faudrait donc pas sauter à la conclusion que ces hospitalisations et ces décès sont simplement dus aux propriétés des variants et aux comportements inadéquats des personnes qui appartiennent à ces groupes d’âge. Ceux qui prophétisent ces événements pourraient très bien avoir leur part de responsabilité, en raison de leur discours alarmiste et des mesures sanitaires nuisibles qu’ils ont imposées à la population et aux esprits. Car si autant de personnes qu’on l’annonce seront infectées par les nouveaux variants ultra-contagieux, le bousillage généralisé de la santé de la population jeune et d’âge moyen ne restera probablement pas sans effet.