Pourquoi faire confiance à la classe politique ?

La confiance est quelque chose qui se mérite. Qui d’entre nous accepterait de prendre pour associé un fraudeur notoire, ou simplement quelqu’un qui se défile quand on lui demande des garanties ? Qui accepterait de s’assurer auprès d’un assureur réputé pour trouver des échappatoires quand on lui présente des réclamations, ou qui demande de se contenter d’une entente verbale ? Qui accepterait d’acheter une maison sans même l’avoir visitée, inspectée et s’assurer qu’elle existe vraiment et qu’elle n’est pas une pure invention de son vendeur ? Le naïf qui ne serait pas capable de faire preuve de la prudence la plus élémentaire, ne devrait pas espérer de nous la moindre pitié quand il se ferait arnaquer, mais devrait plutôt s’attendre à ce que nous disions de lui : « Quel imbécile ! Bien fait pour lui ! Il n’a eu que ce qu’il mérite ! » Quand on est bête à ce point, on ne devrait pas pouvoir disposer soi-même de ses biens. Et si on n’est pas sous la tutelle de quelqu’un d’autre, le problème tend à se régler par lui-même, puisqu’on finit par se faire plumer comme un canard.

Pourquoi ne pas faire preuve de la même prudence en politique, d’autant plus que, si beaucoup d’entre nous accordent inconsidérément leur confiance à la classe politique, ce n’est pas seulement eux qui seront plumés comme des canards, tondus comme des moutons, saignés comme des cochons, encagés comme des hamsters, traités comme bêtes de somme et des rats de laboratoire, ou écorchés comme des bœufs ; ce seront aussi leurs concitoyens ? Ainsi s’ils ne se soucient pas assez de leur sécurité financière, de leur liberté, de leurs droits politiques, de leur bien-être, de leur santé et de leur intégrité physique pour se montrer prudents, il faudrait bien qu’ils ne pensent pas seulement à eux et qu’ils pensent aussi aux autres, qui pour leur part se soucient de toutes ces choses sans lesquelles on ne saurait vivre dignement, sans lesquelles la vie pourrait en venir à ne plus avoir la moindre valeur.

Pour voir si la classe politique – dans laquelle je range à la fois le gouvernement, les députés qui appartiennent à leur parti politique, ainsi que ceux des partis d’opposition, qui ont déjà été au pouvoir et qui le seront dans le futur – est digne de notre confiance, dressons une liste des principaux griefs que nous pouvons lui adresser :

  • les promesses électorales que la classe politique ne tient pas, en faisant mine de ne plus se souvenir d’elles après les élections, en trouvant une échappatoire quelconque pour ne pas les tenir, ou en sabotant les efforts faits pour les tenir ;

  • les scandales dus aux conflits d’intérêts et à la corruption, qu’il s’agisse de copinage avec certains secteurs économiques (construction, génie-conseil, informatique, télécommunications, exploitation minière et pétrolière, etc.), de financement illégal des partis politiques ou de détournement des fonds publics ;

  • les accords internationaux de « libre-échange » que notre classe politique conclus avec ses homologues des autres pays, qui permettent aux multinationales de détruire progressivement le commerce local, ce qui entraîne la disparition et le rachat de nombreuses petites et moyennes entreprises ;

  • la généralisation du statut de travailleur salarié, dont la servitude est incompatible avec la liberté et l’autonomie attendues du citoyen, mais que la classe politique tolère et encourage même, par ses politiques économiques et les sermons adressés à la population ;

  • l’appauvrissement, le surendettement et la dégradation des conditions de vie de larges pans de la société, contre lesquels la classe politique ne cherche pas de solutions, qu’elle présente comme dus à des conjonctures économiques inéluctables, qu’elle atténue ou dont elle affecte même d’ignorer ou de dissimuler l’existence ;

  • les privilèges fiscaux accordés aux grandes entreprises, qui deviennent de plus en plus riches et puissantes, à nos dépens, et qui se permettent d’intervenir de plus en plus ouvertement et massivement dans la politique, avec le consentement ou l’approbation de la classe politique ;

  • la répression parfois violente des mouvements de contestation, à la demande de la classe politique ;

  • l’accès inégal à la justice qui découle des importants honoraires d’avocat qu’il faut payer quand on veut faire respecter ses droits en intentant un procès, ou quand on veut se défendre efficacement contre des accusations, ce dont s’accommodent fort bien la classe politique et ses richissimes copains ;

  • la dégradation de l’éducation en raison des politiques de formation et d’habilitation des enseignants, des réformes des programmes d’enseignement et des modalités d’évaluation, de la précarité d’emploi (surtout en début de carrière), de la surcharge de travail, des tâches bureaucratiques afférentes qui détournent de l’éducation elle-même, entre autres ;

  • la dégradation des soins de santé provoquée par les décisions ou l’inaction de la classe politique, en raison de la surcharge de travail du personnel infirmier, des listes d’attente pour obtenir une intervention chirurgicale ou une simple injection de cortisone, de la pénurie de médecins créé par leur ordre professionnel pour faire augmenter leur salaire en raison de leur rareté, et des coûts engendrés par les actes médicaux facturables à la pièce, entre autres ;

  • etc.

Les membres de la classe politique, qui par leurs décisions sont à l’origine de ces problèmes qui ont des conséquences sur nos vies depuis des décennies, ou du moins qui en sont responsables par leur inaction, ne sont certainement pas nos bienfaiteurs. Pour toute personne déniaisée, il est évident qu’ils ne veulent pas notre bien, et qu’ils ne méritent pas notre confiance. Leurs intérêts ne sont pas les mêmes que les nôtres, dont ils se soucient peu, ou qu’ils comprennent à leur manière, à partir de leurs intérêts. Avant le Virus, il aurait été naïf de croire, aux yeux de n’importe quelle personne déniaisée, que la classe politique veut notre bien, et que nous pouvons nous fier à elle. Et maintenant, ça ne serait plus le cas ? Mais que s’est-il passé depuis ? Le Virus serait-il à l’origine d’une réforme morale complète et radicale de la classe politique ? N’importe quoi !

Pourquoi nous dirait-elle maintenant la vérité, alors qu’elle nous mentait effrontément avant ?

Pourquoi se soucierait-elle maintenant de notre santé, alors qu’elle n’en avait manifestement rien à cirer avant ?

Pourquoi serait-elle maintenant devenue intègre, alors que les premiers ministres, les ministres et les partis politiques se retrouvaient impliqués régulièrement dans des scandales de corruption et entretenaient des relations douteuses avec des entreprises ou des secteurs entiers de l’économie ?

Si le Virus était effectivement à l’origine d’une telle réforme morale de notre « élite » politique – il faudrait alors parler d’une véritable révolution ! –, il faudrait nous réjouir de sa venue. Et pour rien au monde il ne faudrait chercher à ralentir à sa propagation et à mettre fin à la pandémie. Le retour à la normale serait alors la pire chose qui pourrait se produire.

Mais revenons sur terre. Il en vaudra mieux ainsi. Car autrement le retour à la réalité pourrait s’avérer difficile, voire brutal…

Posons encore quelques questions.

Pourquoi la corruption de la classe politique s’enfermerait-elle à quelques domaines bien circonscrits, par exemple ceux de la construction et du génie-conseil ? Pourquoi s’en tenir à ces secteurs économiques sur lesquels tous les yeux sont braqués depuis la Commission Charbonneau, au Québec ? Pourquoi ne pas innover, comme a peut-être tâché de le faire Justin Trudeau, avec le scandale We Charity (UNIS), après l’affaire SNC-Lavalin ? Ou comme Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation, qui a proposé d’attirer les entreprises pharmaceutiques au Québec en leur donnant accès aux données de la Régie de l’assurance maladie du Québec ? Idée fort étrange, et fort originale, qui lui a peut-être été soufflée à l’oreille par lesdites entreprises, dont certaines pourraient être impliquées dans la mise en marché des « remèdes » et des « vaccins » prétendument efficaces contre le Virus.

Je sais : il n’y a rien de concluant pour l’instant, et il ne faut pas faire des accusations arbitraires. Parfaitement d’accord. C’est pourquoi il aurait fallu enquêter, ce qu’on s’est bien gardé de faire. Et notre premier ministre, pour maintenir le lien de confiance avec les citoyens, aurait dû désavouer son ministre, au lieu de prendre sa défense en atténuant ses propos, dans un contexte où l’on peut légitimement se demander le rôle qu’ont joué et que continuent de jouer les grandes entreprises pharmaceutiques dans la scénarisation de la crise sanitaire, qui a pour effet l’une des plus grandes « casses » économiques et sociales de l’histoire, et dont la seule porte de sortie – quelle surprise ! – seraient les fameux « vaccins », bien que les experts et les autorités refusent de nous promettre un retour « automatique » à la normale après la vaccination.

Certains déclareront que c’est du complotisme. Comme si les complots ne pouvaient pas exister ! Comme si les élites politiques n’avaient pas été, de tous temps, impliquées dans des complots ! Comme si la corruption de ces élites ne faisait pas partie – hélas ! – de l’ordre normal des choses ! Comme s’il était à exclure qu’elles profitent de la « pandémie » pour nous mater, pour renforcer le pouvoir qu’elles exercent sur nous et, plus tard, pour nous imposer des mesures d’austérité qui n’ont pas fini de nous empoisonner la vie ! Comme si l’industrie pharmaceutique faisait passer notre santé avant ses profits, et n’oserait jamais profiter d’une si belle occasion de s’en mettre plein les poches, et d’expérimenter à grande échelle ses tout nouveaux produits de thérapie génique ! Comme si la venue du Virus avait purifié moralement la classe politique et l’industrie pharmaceutique, les mettant entièrement à l’abri de tels soupçons !

Certains diront que c’est trop gros non seulement pour être vrai, mais aussi pour qu’on envisage que cela puisse l’être. On ne parle plus de manigances contre nous dans telle province ou tel pays, mais bien à l’échelle mondiale. Mais n’avons-nous pas pu observer, à l’échelle mondiale et depuis des décennies, le copinage entre la classe politique, les grandes multinationales et l’élite économique internationale, qu’il s’agisse d’entreprises de fabrication d’armement, des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, et Microsoft), des compagnies d’exploitation minière et pétrolière, et du secteur de la haute finance, par exemple ? N’avons-nous pas pu observer, partout dans le monde, des transformations politiques et économiques pouvant s’expliquer, au moins en partie, par ce copinage ? Pourquoi la possibilité d’un copinage semblable entre la classe politique et l’industrie pharmaceutique, doit-elle être exclue a priori, sans examen digne de ce nom ? Le commerce pharmaceutique n’est-il pas très lucratif pour les grandes sociétés qui dominent le marché international ? La classe politique ne peut-elle pas aussi y trouver son compte, par un échange de bons procédés, et tous les avantages politiques qu’elle retire de la scénarisation de la crise sanitaire, qui doit culminer dans la vaccination massive ?

Il est plus que temps que ceux d’entre nous qui ne se sont jamais posé ces questions, ou qui ont arrêté de se les poser depuis le début de la « pandémie », commencent ou recommencent à se les poser. Mais il n’est pas non plus trop tard, même si on est sur le point de commencer la vaccination massive, car il ne faut pas nécessairement attendre d’elle un retour à la normale prochainement, ou même plus tard. Toutefois le temps presse, assurément !

Ne craignez pas de vous poser ouvertement ces questions et de vous opposer aux mesures autoritaires et arbitraires qu’on vous impose, quitte à vous exposer aux moqueries et aux attaques de certains de vos concitoyens. Ce sont eux qui sont naïfs et même fous, pas vous. C’est ainsi que vous pouvez être à la hauteur de votre rôle de citoyens, qu’on bafoue effrontément depuis neuf mois. Car la méfiance, qui est une forme de prudence, est une vertu démocratique. Pourquoi le fait de prendre ses précautions, qu’on vante tant quand il s’agit de se protéger du Virus, ne serait-il pas louable en politique, notamment pour déjouer les sales coups que pourrait nous faire la classe politique, après avoir usurpé de nombreux pouvoirs grâce à la déclaration de l’état d’urgence sanitaire, qui ressemble fort à un coup d’État réalisé simultanément dans de nombreux pays ? Nos institutions démocratiques, ainsi que les droits et libertés qu’elles rendent possibles, ne sont-elles pas au moins aussi importantes que le fait de ne pas propager le Virus, et de ne pas tomber malade ou mourir à cause de lui ?

Malheureusement il y a une majorité de récalcitrants qui refuse d’assumer ses responsabilités de citoyen, et qui annule les efforts de la minorité qui essaie de les assumer. Dans le meilleur des cas, ces irresponsables sont un boulet que nous devons traîner. Dans le pire des cas, ce sont des valets de ceux qui règnent en maîtres actuellement, et qu’il faut affronter quotidiennement, dans l’espoir de leur arracher leurs œillères. Une véritable peste, vous dis-je !

Comme certains de ces bien-pensants et de ces intégristes sanitaires vont jusqu’à proposer d’enlever leur carte d’assurance-maladie à ceux d’entre nous qui ne respectent pas rigoureusement les consignes sanitaires, ou même qui les critiquent seulement (ce qui est déjà criminel à leurs yeux), il nous faudrait envisager – question de leur rendre la politesse – de leur retirer leurs droits politiques, si jamais l’état d’urgence sanitaire en vient à prendre fin. Car ces décérébrés ont fourni la preuve qu’ils ne sont pas à la hauteur de ce qu’on est en droit d’attendre de citoyens, qu’ils sont indignes des institutions démocratiques, et qu’ils sont même, à la rigueur, des traîtres et un véritable danger public.

Parlons franchement : quel mal y aurait-il, pour eux, à se faire traiter comme de simples sujets subordonnés aux autorités politiques, alors qu’ils semblent s’accommoder parfaitement de cette situation depuis le début de l’état d’urgence sanitaire ? Ne serait-ce pas exaucer leurs vœux les plus chers en matière de politique que de les faire gouverner par d’autres, à savoir leurs concitoyens et les représentants de ces derniers ? N’est-ce pas non seulement ce qu’ils méritent, mais aussi ce qu’ils désirent ?

Mais les personnes concernées nieront tout, assurément. J’entends déjà leurs protestations indignées ! Qu’elles veuillent bien se calmer. Par leur faute, la fin de l’état d’urgence sanitaire n’est pas pour demain la veille. D’ici là, la classe politique qui nous gouverne avec arrogance ne jugera probablement pas nécessaire de leur enlever les fantômes de droits politiques qu’il leur reste, tant elles sont dociles et faciles à manœuvrer.