L’expansion de la surface d’attaque

Il existe, en sécurité informatique, une notion appelée « surface d’attaque », qui est la somme des points faibles susceptibles d’être utilisés par un pirate informatique pour s’infiltrer dans un système, pour en extraire des données et pour provoquer des pannes ou des dysfonctionnements de ces systèmes ou de ce qui dépend d’eux. Plus ces points faibles sont nombreux, plus il est probable qu’un pirate informatique réussisse à tirer profit d’une faille de sécurité. C’est donc un principe de base en sécurité informatique de minimiser la surface d’attaque, par exemple en réduisant la quantité de code exécuté, en limitant le nombre de points d’entrée pour les utilisateurs non approuvés et en éliminant les services et les fonctions qui sont rarement utilisés.

Maintenant, de notre point de vue et non de celui des experts en sécurité informatique, la surface d’attaque augmente à proportion de la quantité de systèmes informatiques, administrés par des organisations publiques ou privées, où sont stockés des données qui nous concernent ou que nous utilisons ou devons utiliser (nom, date de naissance, adresse civique, adresse électronique, numéro de téléphone, numéro d’assurance sociale, numéro de permis de conduire, numéro de carte de crédit, numéro de compte bancaire, données biométriques, etc.) pour nous authentifier, pour nous connecter au réseau informatique de notre employeur ou de notre institution d’enseignement, pour obtenir des prêts, pour payer des factures, pour faire des achats, pour produire une déclaration de revenus, pour faire un changement d’adresse, pour renouveler un permis de conduire, pour obtenir une consultation médicale, pour communiquer avec des amis, pour stocker et partager des photographies, etc. Plus nos données sont stockées dans de nombreux systèmes informatiques ou sont utilisées par eux, plus les points faibles susceptibles d’être utilisés par un pirate informatique sont nombreux, et plus la surface d’attaque est grande.

Il n’y a pas de raisons de ne pas appliquer cette notion à d’autres domaines que la sécurité informatique, et même de ne pas l’appliquer à la totalité de notre existence, car les pirates informatiques ne sont certainement pas les seules personnes capables d’utiliser des points faibles pour nous nuire, et les attaques informatiques ne sont pas les seules dont nous pouvons être l’objet. Ce n’est pas parce que les oligarques, les grandes corporations et les dirigeants politiques et bureaucratiques ne cherchent généralement pas à nous écraser ou à nous attaquer aussi ouvertement qu’au XIXe siècle et qu’ils trouvent toutes sortes de prétextes pour donner l’impression qu’ils ne le font pas quand ils le font, qu’ils ne nous veulent pas du mal et qu’ils ne sont pas prêts à nous faire de sales coups, quand cela sert leurs intérêts et consolide leur position au sommet de la hiérarchie sociale actuelle. Bien au contraire !

Tout ce que nous ne contrôlons pas et qui est contrôlé directement ou indirectement par ces « élites » constitue autant de points faibles grâce auxquels elles peuvent nous attaquer ouvertement ou sournoisement, nous exploiter, nous écraser et étouffer nos tentatives de résistance ou de révolte. La liste de tous ces points faibles et de tous les sales coups qu’on nous fait ou qu’on pourrait nous faire grâce à eux est très longue.


Nous ne contrôlons pas la chaîne de production et de distribution de la nourriture que nous mangeons. Les grandes entreprises qui produisent, transforment et vendent les aliments peuvent très bien y mettre de la camelote et des substances nocives, en réduire les propriétés nutritives et nous priver en totalité ou en partie des aliments nécessaires à la vigueur de corps et d’esprit, soit en diminuant la production de ces aliments et en provoquant artificiellement la rareté, soit en les vendant à des prix de plus en plus élevés et même prohibitifs. C’est ainsi qu’elles peuvent nous rendre obèses, accroître nos chances d’avoir un cancer ou des problèmes cardiovasculaires, et nous priver des vitamines et des protéines animales dont notre corps a besoin, en échange de quoi elles nous soutirent une partie importante de nos revenus. C’est ainsi qu’elles pourraient nous imposer une moulée d’insectes broyés, des substituts de viande et de produits laitiers à base de plantes, ou de la viande et du poisson produits entièrement dans des usines, grâce à des imprimantes 3D. Puisque nous sommes des êtres matériels, c’est bel et bien notre personne qu’on attaque en attaquant notre corps.

Nous nous retrouvons dans une situation semblable quant à l’énergie que nous utilisons pour chauffer, éclairer et alimenter en électricité nos habitations. Sauf dans les campagnes, nous ne chauffons presque plus nos maisons, et encore moins nos condominiums et nos appartements, avec du bois que nous coupons nous-mêmes ou qui est coupé et vendu par nos semblables, pas plus que nous nous éclairons avec des chandelles ou des lampes à l’huile, pas plus que nous sommes beaucoup à obtenir un minimum d’électricité grâce à des panneaux photovoltaïques. Nous dépendons entièrement des réseaux de production et de diffusion d’électricité et de gaz naturel, qui sont contrôlés par des entreprises privées ou des entreprises d’État sur lesquelles nous n’avons aucune prise et qui peuvent n’en faire qu’à leur tête, afin de nous soutirer le plus d’argent possible, de réduire notre consommation d’énergie et de même de nous imposer un mode de vie austère. Et si cela pouvait s’avérer utile pour faire accepter ce que nous n’accepterions pas autrement, on pourrait provoquer une panne d’électricité généralisée ou ciblée, contre les effets de laquelle nous ne pourrions pas nous prémunir.

Nous sommes de moins en moins maîtres de nos moyens de transports. Nous sommes beaucoup plus que nos parents ou grands-parents à ne pas avoir de voiture. Nous dépendons donc davantage des sociétés publiques et privées de transports en commun pour nos déplacements intra-urbains et inter-urbains. Par le fait même, ce n’est pas nous qui décidons où nous pouvons aller facilement et rapidement, et quand cela est possible. Et on peut nous imposer toutes sortes de conditions pour utiliser les transports en commun, même quand elles n’ont rien à voir avec lesdits transports : l’obligation de porter un masque chirurgical, de passer un test de dépistage et d’obtenir un résultat négatif, d’être vacciné, de s’identifier, etc. Pour ceux d’entre nous qui ont ou qui voudraient avoir des véhicules personnels, l’augmentation importante du coût de l’essence et des stationnements provoquée par la politique énergétique, la politique environnementale et la politique étrangère des gouvernements occidentaux dissuade d’acquérir une voiture ou de l’utiliser fréquemment ou pour de longs déplacements, ce qui est aggravé par les amendes pour non respect des normes environnementales en matière d’émissions de gaz à effet de serre et par le fait que les véhicules qu’on fabrique actuellement ne sont pas faits pour durer et sont plus difficiles à réparer, surtout les composantes électroniques qui jouent un rôle de plus en plus important. Enfin, les véhicules connectés et automatisés qui commencent à se répandre pourraient être contrôlés ou désactivés à distance par leurs fabricants ou par les gouvernements qui sont de mèche avec eux, afin d’autoriser seulement les déplacements jugés nécessaires et nous enfermer dans un rayon de quelques kilomètres autour de notre domicile, durant un état d’urgence ou en temps normal, ce qui est en train de devenir la même chose, les urgences devenant la nouvelle normalité.

Nous ne sommes pas davantage maîtres des logements ou des maisons que nous habitons. Si nous sommes locataires, les grandes sociétés immobilières qui sont en train de s’approprier la quasi-totalité des logements dans les zones urbaines peuvent en toute légalité augmenter très rapidement le prix des loyers et nous mettre dans une position où il devient difficile de payer le loyer et de ne pas devoir déménager dans des zones toujours plus périphériques ; et quand elles dépassent les bornes imposées par la stricte légalité, il faut nous engager dans de longs processus administratifs ou judiciaires pour peut-être obtenir gain de cause, et s’exposer à se faire faire des crasses par le propriétaire, qui espère ainsi nous faire quitter le logement que nous occupons, pour le louer à un autre locataire qui acceptera docilement les conditions qu’on lui impose. Et quand nous sommes à la recherche d’un nouveau logement, il peut nous nuire en prétendant que nous sommes de mauvais locataires (nous ferions du bruit, nous aurions endommagé un logement, nous nous serions montrés irrespectueux avec le propriétaire ou ses employés, nous contesterions les hausses de loyer, nous demanderions indûment des réparations ou des améliorations au logement que nous louons) et compliquer ou faire échouer nos recherches. Et c’est sans parler des serrures électroniques, des caméras et des détecteurs de mouvements que les sociétés immobilières installent dans les espaces communs des immeubles à logement pour nous surveiller, lesquels pourraient aussi être installés à l’intérieur des logements et servir à nous empêcher d’accéder à notre logement ou d’en sortir sous un prétexte quelconque. Si nous sommes plutôt propriétaires d’une maison ou d’un condominium, nous avons dû faire avec les conséquences de la spéculation immobilière qui a lieu dans les villes et même dans les régions, et nous avons presque toujours dû contracter un prêt hypothécaire qu’il nous faudra des décennies à rembourser. Jusqu’à ce moment, nous sommes à la merci des hausses des taux d’intérêt qui enrichissent encore plus les banques et qui s’ajoutent à l’inflation qu’on prétend combattre par cette hausse, avec le risque de perte notre maison ou de notre condominium, en cas d’incapacité de faire les paiements. Et comme si cela ne suffisait pas, les gouvernements et les assureurs peuvent nous imposer toutes sortes de règles qui exigent de nous d’importantes dépenses et qui peuvent nous dissuader ou nous empêcher d’acheter une propriété, ou nous inciter ou nous forcer à la vendre, à défaut d’avoir les moyens financiers nécessaires, par exemple d’importantes rénovations pour améliorer l’isolation et l’efficacité énergétique ou pour remplacer un système de chauffage au mazout ou au gaz naturel par un système de chauffage électrique, sous prétexte d’intensification de la lutte contre les changements climatiques et pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Ce que nous faisons grâce à la technologie échappe aussi grandement à notre contrôle, et cette technologie, contrôlée par de grandes corporations, est susceptible d’être utilisée contre nous. Tous ceux d’entre nous qui utilisent Windows, MacOS, iOS, Android et ChromeOS pour naviguer sur Internet, pour faire des achats et des transactions bancaires, pour communiquer, pour s’informer, pour travailler ou étudier, pour s’orienter, pour prendre des photographies et pour enregistrer des vidéos, s’exposent à une collecte massive de données sur tout ce qu’ils font en ligne et hors ligne par Microsoft, Apple et Google. On ne peut même pas se fier entièrement aux distributions de Linux, même si le code source est libre, puisque des ingénieurs qui travaillent pour ces grandes corporations et d’autres encore contribuent au noyau dont il faudrait auditer régulièrement le code source au complet pour être certain qu’ils n’y ont pas mis quelques sales trucs afin de cibler tout spécialement des utilisateurs de ces systèmes d’exploitation, suspects du seul fait de ne pas utiliser les systèmes d’exploitation contrôlés entièrement par ces grandes corporations. Quant aux téléphones et aux systèmes d’exploitation mobiles « dégooglés », on peut aussi se demander si, parfois, ce ne sont pas des pièges à l’intention des dissidents qui auraient quelque chose à cacher. Et indépendamment des appareils, des systèmes d’exploitation et des logiciels que nous utilisons, notre activité sur Internet est scrupuleusement documentée par les services de messagerie et de vidéoconférence, par les plateformes de diffusion, par les réseaux sociaux, par les sites web et par les fournisseurs d’Internet et de téléphonie mobile. Et c’est sans parler des logiciels-espions que les services de renseignement et les forces policières peuvent installer sur nos appareils si nous avons le malheur d’attirer leur attention, et de la surveillance ou de l’espionnage de ce que nous faisons et disons en personne, c’est-à-dire dans le monde réel et non sur Internet, grâce aux caméras et aux microphones de nos ordinateurs et de nos téléphones et, si nous sommes assez bêtes pour utiliser les services de divertissement et de domotique fournis par les grandes corporations, grâce aussi à nos téléviseurs, à nos électroménagers et aux systèmes de chauffage et d’éclairage, entre autres. Si tel était le bon plaisir des grandes corporations qui contrôlent ces technologies, ou de leurs copains des forces policières et des agences de renseignement, on pourrait en un claquement de doigts nous priver, individuellement ou en masse, de connexion Internet, rendre nos ordinateurs, nos téléphones et nos autres appareils non fonctionnels, nous empêcher de faire tout ce que nous faisons ou ferons avec ces appareils, et même nous enfermer dans notre domicile ou nous empêcher d’en sortir, ou contrôler à distance ou désactiver les électroménagers et les systèmes d’électricité et d’éclairage, pour nous punir d’avoir fait ou dit des choses que nous n’aurions pas dû dire ou faire, selon des lois ou des règlements, ou encore selon ce qu’ils cherchent à imposer dogmatiquement et arbitrairement comme le bon sens et la bonne morale, que nul ne saurait ignorer.

Que nous soyons ou non des consommateurs des médias traditionnels (journaux, émissions radiophoniques, émissions télévisées), ceux-ci constituent une menace pour nous, du seul fait qu’ils appartiennent ou sont contrôlés par de grandes corporations, par des oligarques et parfois par les gouvernements qui les financent et réglementent leur contenu. Dans le premier cas, nous sommes la cible d’une incessante propagande qui a pour effet que nous ne sommes pas informés sur des choses pourtant dignes d’intérêt ou que nous sommes mal informés ou trompés à leur sujet, et que nous sommes manipulés intellectuellement et émotionnellement, pour que nous pensions et sentions ce qu’on veut que nous pensions et sentions. Dans le deuxième cas, nous sommes exposés aux conséquences de cette propagande qui permet de faire consentir la population à ce qui lui nuit et nous nuit aussi, et la dispose à accepter ou à réclamer que nous soyons sévèrement punis si nous protestons, sous prétexte que nous serions des criminels, des complotistes, des extrémistes ou je ne sais quoi encore. La même chose peut être dite, à peu de chose près, des principaux réseaux sociaux et des principales plateformes de diffusion, qui gagnent de plus en plus en importance, au détriment des médias traditionnels.

Nous l’avons bien vu au cours des dernières années, la pratique de la médecine et la recherche médicale sont sous l’emprise des structures bureaucratique nationales et supranationales et des grandes sociétés pharmaceutiques. On peut nous faire n’importe quoi tant que c’est conforme aux procédures bureaucratiques et aux intérêts de l’industrie pharmaceutique qui finance les médecins, les chercheurs, les universités et les bureaucrates et aux intérêts de ceux qui contrôlent cette industrie. On peut nous séquestrer à domicile, fermer les entreprises et les écoles, nous faire perdre notre emploi et nos revenus, anéantir nos relations sociales, nous obliger à porter un symbole d’obéissance en public et nous forcer à nous faire injecter des produits pharmaceutiques expérimentaux. Nous ne saurions, profanes que nous sommes, critiquer les recommandations ou les décisions des experts en santé publique, en épidémiologie, en virologie et en immunologie pourtant compromis, même quand elles ont des effets qui dépassent largement leur champ d’expertise et même quand ils sont manifestement des charlatans. La même chose pourrait être dite de la science en général et plus particulièrement de toutes les nouvelles disciplines qui passent pour scientifiques, par exemple la biostatistique et la climatologie, qui s’apparentent à l’astrologie mathématisée des siècles passés et dont les prédictions apocalyptiques servent à nous contrôler et à nous asservir.

Enfin, c’est une évidence que le pouvoir judiciaire n’a pas de comptes à nous rendre et qu’il répond seulement aux « élites » politiques, bureaucratiques et économiques. Par conséquent, il ne sert pas tant à nous protéger qu’à nous opprimer. À moins d’être très riches ou d’avoir des amis riches et puissants, les importantes sommes d’argent requises pour intenter un procès quand on porte atteinte aux droits que nous sommes censés avoir nous empêchent ou nous dissuadent de le faire. Pour la même raison, nous nous retrouvons dans une très mauvaise posture, qui peut être assimilée à un châtiment, quand on nous intente un procès civil ou criminel, avant même que nous soyons condamnés, et même si nous ne sommes pas condamnés, à quoi il faut parfois ajouter la détention préventive. La police, quant à elle, se militarise, et il arrive de plus en plus souvent que l’armée joue à la police, à la demande des gouvernements, ce qui montre que nos dirigeants, ainsi que les grandes corporations et les oligarques qui sont de mèche avec eux, nous considèrent comme des étrangers et des ennemis. Et on a le culot de réclamer que nous fassions confiance à la police et aux tribunaux, alors qu’il est manifeste qu’elles ne nous font pas confiance, étant donné l’incessante surveillance dont nous sommes l’objet et la répression dont nous sommes ou pourrions devenir la cible, de manière judiciaire ou extrajudiciaire.

Etc.


La surface que nous exposons, individuellement et collectivement, à ceux qui agissent de plus en plus ouvertement, et avec arrogance, comme s’ils étaient nos maîtres ou nos ennemis, est presque totale. Et pourquoi n’agiraient-ils pas ainsi, puisqu’ils sentent bien que nous sommes à leur merci et qu’ils peuvent nous faire impunément ce qui leur chante ?

Ceux d’entre nous qui persistent à ne pas comprendre et à ne pas sentir dans quelle situation critique nous nous trouvons, qui excluent d’entrée de jeu que les grandes corporations, les oligarques et les gouvernements nous nuisent activement ou pourraient le faire, et qui sont même assez bêtes et assez rampants pour être leurs complices, ces gens-là, dis-je, méritent la raclée ou la servitude qu’on leur prépare, sous prétexte de pandémies, de changements climatiques, de guerre ou d’attentats terroristes, entre autres. Mais c’est aussi nous qui subirons les conséquences de leur bêtise, d’où l’importance d’essayer de déniaiser ces attardés, si faire se peut.